Dernière modification par Johan - 2020-05-24 09:07:05

La connaissance de Dieu

Jean 17 :3

###Méditation 1 La « prière sacerdotale » … un des plus beaux textes de l’Ev de Jean ! Un texte qui condense l’essentiel de la pensée et de la théologie de Jean. Jésus est au seuil de sa passion, juste après cette prière il se rendra à Gethsémané où il sera arrêté. Après avoir longuement enseigné ses disciples au cours des 4 derniers chapitres, maintenant, il se tourne maintenant résolument vers son Père, et il prie - il entre en dialogue avec lui – il se concentre pleinement sur lui et va faire voir quelle communion les lie. Bien qu’il se dédie pleinement à ce temps de face à face, il prend quand même les disciples à témoin : ils sont aux premières loges pour attester de cette intimité. Ils sont associés à la révélation qui donne pleinement à voir le but de la venue du Christ. Ils entendent que c’est pour eux que Christ est venu, et c’est pour eux qu’il se prépare à marcher vers sa gloire - à savoir sa passion, sa mort, et sa résurrection. C’est pour eux qu’il a accepté d’endosser cette mission de venir représenter le Père parmi les hommes. C’est pour eux, c’est pour nous, que le Christ est venu inaugurer les temps nouveaux… pour que nous ayons la vie éternelle … ce dont il a déjà parlé précédemment à Marthe, à Marie, à Lazare quand il l’a réanimé ; ou encore à la Samaritaine, ou à la femme adultère ou à l’aveugle né, bref, .. ce fut le leitmotiv de son ministère : ouvrir les hommes et les femmes à cette vie nouvelle en Dieu. Et maintenant, avant de partir, il redonne encore une fois la clé « la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (v 3) Voici le cœur de l’Evangile : connaître Dieu, être dans son intimité, dans sa profondeur, pour découvrir la qualité de cette vie en Dieu. La vie éternelle n’est pas une question de quantité, de somme d’années, mais est une question de qualité … La connaissance de Dieu n’est donc pas un savoir, mais une vie : à la différence des autres mouvements spiritualistes et de sagesse de ce temps-là, pour Jean, connaître Dieu ce n’est pas maîtriser une technique pour accéder au divin, ou encore posséder un savoir particulier réservé à des élite, mais c’est vivre - authentiquement - une relation avec Celui qui l’initie, le Père. Quand Jésus prie le Père et rappelle son engagement envers les disciples, c’est à cette vie intime que Jésus nous appelle, en les contemplant, dans leur communion. Connaître le Père et connaître le Fils sont une seule et même chose : ils sont inséparable ; quand nous contemplons l’un, nous contemplons l’autre. Contempler le Fils, c’est nous émerveiller devant l’amour du Père. Contempler le Père, c’est nous émerveiller de l’amour du Christ qui est venu pour nous. Les contempler, c’est entrer chaque jour un peu plus dans cette intimité, cette communion, et en constater les effets dans notre propre vie. Connaître Dieu c’est expérimenter le déploiement de sa grâce dans ma vie quotidienne : mon existence est marquée par ses limites, ses errements, par ses faux pas ; elle est marquée par les blessures que j’inflige et celles que je subis ; entrer dans cette connaissance de Dieu, c’est réaliser qu’un au-delà de cette vie-là existe ; que je ne suis pas condamnée à rester bloquée dans cette réalité-là, mais que l’horizon de la grâce de Dieu m’appelle à toujours plus … Chercher à toujours mieux connaître Dieu, c’est découvrir JC agissant dans ma vie. __Pasteur Isabelle Detavernier__ ###Méditation 2 Chers frères et sœurs en Christ, la parole qui nous est donnée en ce jour dédié à l’unité et la fraternité, nous appelle à la connaissance de Dieu et de celui qu’il a envoyé : Jésus-Christ. Cette parole nous apprend que la connaissance de Dieu et de Jésus conditionne la vie éternelle, ou plutôt, cette connaissance nous donne d’ores et déjà accès à la vie, la vraie, celle qui est amenée à être éternelle dans notre unité avec le Père et le Fils. Mais quelle est réellement cette connaissance de Dieu ? A quelle connaissance Dieu nous appelle-t-il ? En premier lieu, cette parole en Jean 17, 1-11 nous apprend que cette connaissance nous est déjà donnée. C’est un don universel, gratuit, accessible ; mais qui est à la fois personnelle et propre au cheminement de tout un chacun. C’est un don de Dieu car il se révèle à nous selon son dessein bienveillant. Il nous demande juste un cœur disposé à le découvrir, à le connaître davantage, à vivre et expérimenter son amour de jour en jour. Madagascar est un pays où le christianisme est la religion principale. Grand nombre d’entre nous, le peuple malgache, avons été initiés à la foi chrétienne dès notre plus jeune âge et avons grandi dans la culture et l’éducation chrétienne. Ce qui n’est pas le cas de beaucoup d’autres pays. On pourrait donc facilement penser que nous avons grandi dans la connaissance de Dieu puisque notre éducation a souvent été conditionnée par les pratiques religieuses chrétiennes. Mais est-ce vraiment le genre de connaissance dont Jésus parle ici ? Rien n’est moins sûr. Cette parole nous enseigne que notre connaissance de Dieu n’est pas tributaire de notre éducation, ni de notre propre culture, mais de l’amour de Dieu pour nous. Lorsque ma famille et moi, nous avons rejoint l’Europe il y a quelques années maintenant, j’ai découvert une toute autre connaissance de Dieu qu’il a bien voulu me révéler ; une connaissance de Lui, autre que celle que j’ai reçue de l’église de mon enfance, de ma jeunesse ; une connaissance autre que celle que j’ai reçue au sein de la société chrétienne malgache. En quittant ce pays si cher à mon cœur, j’avais la crainte de perdre mon identité, mes valeurs chrétiennes, mes repères, tout simplement. Je ne m’attendais alors pas à ce que cette émancipation spirituelle allait être un plan de Dieu pour m’amener à une connaissance beaucoup plus intime et plus profonde de Lui. La connaissance de Dieu à laquelle j’ai été conditionnée pendant des années, Dieu l’a enrichi en moi lorsque je suis allée à la rencontre d’autre pays, d’autres cultures, d’autres églises, d’autres croyants. Dieu a des ressources infinies et inattendues. Notre diversité, nos différences identitaires, culturelles, générationnelles sont autant de ressources inestimables que Dieu emploie pour faire croître notre connaissance de son royaume et de son amour. __Miravo Rakotozanany__ ###Méditation 3 Ce texte aujourd’hui revêt un sens profond à bien des égards, car à travers celui-ci, le Seigneur Jésus révèle plusieurs mystères, entendez par mystère « les révélations cachées » de sa parole (la vie éternelle, la gloire de Dieu, le mystère de Christ, la connaissance de Dieu…). Toutefois, j’insisterai particulièrement dans le cadre de ma réflexion sur la connaissance de Dieu abordée sous le prisme de nos identités culturelles. J’inviterai donc chacun à se focaliser sur le verset 3 du chapitre 17 du livre de Jean. « Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ ». Ce verset nous révèle que « la vie Eternelle » est intimement liée à « la connaissance de Dieu » comme Seul et vrai Dieu ainsi qu’à la connaissance du fils (Jésus Christ). En lisant ce verset, plusieurs questions me viennent en tête, notamment qu’est-ce que la connaissance de Dieu, comment connaitre Dieu, pourquoi connaitre Dieu, quelle relation existe-t-il entre la connaissance de Dieu et mon identité culturelle et qu’est-ce qu’elle m’apporte cette connaissance de Dieu ? En vérité, je parlerai plus d’une identité culturelle, celle du « Royaume des Cieux », plutôt que de plusieurs identités culturelles, puisqu’en Christ nous ne formons « Qu’UN ». Néanmoins, en fonction de notre histoire, notre vécu, notre expérience, plusieurs aspects relatifs à cette connaissance peuvent être abordés différemment entre individus. Nous pouvons déjà dire que le Seigneur Dieu, à travers ce passage biblique nous appelle dans une vie de croissance spirituelle et de connaissance profonde de sa personne. Cette connaissance selon moi, doit être développée à travers l'écoute et la lecture de la parole. * Connaitre Dieu permet de chasser l’incrédulité et les préjugés. Il est important que celui qui s'approche de Dieu croit à son existence et qu'il ait la connaissance de sa personne. Je dirai que cela pourrait être un défi en soi de développer une relation personnelle avec un Dieu invisible, dont je n'entends jamais la voix, comme j'entends par exemple celle d'un ami au téléphone. * Est-il donc possible de connaitre ce Dieu qui parait invisible ? En réalité, Dieu ne se cache pas, mais il se révèle à travers les écritures saintes et aussi à travers son œuvre de création. Ainsi, il n'y a pas de formules magiques pour avoir la connaissance de Dieu, comme dit ci-dessus, l'écoute et la lecture de la parole sont les moyens pour y arriver. Ainsi, tout le monde, même le plus simple et le plus ignorant, peut savoir qui est Dieu et parvenir à la foi en lui. * La connaissance de Dieu est une clé pour de grandes choses. Dieu est le premier à se révéler parce qu'il veut que son peuple puisse le connaître. Il déclare « je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas » (Esaïe 65 : 1). Et si quelqu'un cherche Dieu de tout son cœur, il se laissera trouver. Oui, c'est possible de connaître Dieu. La révélation est centrée sur la personne de Jésus-Christ et notre connaissance de Dieu passe par Lui. Je pourrai conclure en disant que, la connaissance de Dieu, nous procure la paix et la force de continuer à le suivre. Elle ne nous enlève pas les difficultés par contre, elle nous rassure de la présence et de l'intervention de Dieu dans nos difficultés. Face aux difficultés, aux épreuves et aux tentations, nous aurons besoin de la parole de Dieu. Alors connaissons et cherchons à connaître l'Éternel.  __Armelle Segue__ ###Méditation 4 Ce thème nous invite à ne pas nous enfermer dans notre orthodoxie, mais à partager notre connaissance à l’autre, tout comme Jésus allait à la rencontre de Nicodème, de la femme Samaritaine, des collecteurs d’impôt, des marginaux, bref, à la rencontre des personnes de partout de tout horizon. Au prisme de nos différences culturelles comment connaître Dieu ? Chaque culture est tributaire d’une longue évolution, de sélection et d’acceptation de normes propres. L’expression de la foi n’y échappe pas. Or, la Bible et la culture n’ont jamais fait beau ménage à moins de trouver un compromis ou de reconnaître la préséance de l’une sur l’autre. Mais nous, en tant que protestants nous reconnaissons à la Bible la première place. Dans certaines cultures, il y a des endroits de la nature qui inspirent la vénération ou la peur, comme le calme paisible d’une rivière, ou le sinistre étrange d’une mare, ou encore la majesté d’une montagne. Les habitants (chrétiens ou pas) consacrent ces lieux, les respectent, voulant s’assurer la sympathie et la protection des esprits. En Actes 17, Paul doit tout apprendre Aux Athéniens, mais également corriger certaines notions qu’ils avaient adoptées d’un autre héritage culturel et religieux. Dans un monde dominé par l’idolâtrie, la superstition avec une autre conception du bien et du mal, Paul développe la vision du vrai Dieu Créateur, explique ce que c’est que péché, parle du jugement à venir, de l’unité de la race humaine et de l’unicité de Dieu. C’est le minimum de connaissance que Paul juge nécessaire sans lequel son message sur Jésus n’aura aucun sens. Au chapitre 17 verset 3 de l’évangile selon Jean, Jésus rappelle que la vie éternelle consiste à connaître son Père le seul véritable Dieu, et à connaître Jésus-Christ, que le Père a envoyé. Jésus dit cela parce que le Père se révèle uniquement en son fils. C’est cette connaissance qui nous fait entrer dans la dimension de Dieu dans une relation d’amour, lui nous a aimé le premier et nous voulons l’aimer en retour, et cela dans son éternité, dès à présent. Au prisme de nos différences culturelles comment connaître Dieu ? Partager nos points de vue, certes, tout en accordant à la parole de Jésus son autorité. Pour terminer, j’aimerais vous laisser deux réflexions. La première, de Luther, dit ceci : « Si tu veux interpréter avec fidélité l’ancien testament, place le Christ devant toi, car c’est de lui que tout parle. » (Luther). Voici la deuxième qui est de Jean Calvin : « Les écritures doivent être lues avec l’intention d’y trouver Christ. Qui s’écarte de ce but, se fatiguera toute sa vie dans l’étude sans jamais parvenir à la connaissance de la vérité. » (Calvin) Qu’est-ce que cela implique aujourd’hui pour nous ? C’est la lecture et la méditation chaque jour plus soutenues des Écritures qui font connaitre Dieu par la connaissance de Jésus-Christ. __Pasteur Lin Edouard__ _Le 24 mai 2020_ (Benjamin Detavernier et Yves Ralainarivo)